Entretien avec Alexis Robert à la Guette

Rencontre avec Alexis Robert à la Guette, échange sur sa vie, sa vision des choses !
Terre-Mer-Air

Nous avons écouté et interrogé Alexis dans une maison de paille appelée kerpaille à propos de sa vie, du lieu de la Guette, et de ses réflexions.

Cela nous a amené à parler entre autre de la maison de son enfance, dans sa famille Bretonne, du quotidien dans sa maison en terre battue et de sa grand-mère, de l’Algérie, la guerre, ses boulots et ses combats qui ont menés sa vie, sa vision du lieu et ses expériences d’autogestion, ses conseils pour l’avenir… Nous vous proposons de retrouver l’enregistrement de ce moment ici!

Entretien avec Alexis Robert – partie 1
Entretien avec Alexis Robert – PARTIE 2

Petit retour personnel

Cet échange a été pour moi très fort, tant le personnage dégage une forme de bonheur dans sa vie en zig-zag et rebondissements, tout en ayant toujours gardé ses convictions et ses valeurs en tête. La vision d’un futur à coordonner en commun avec de « nouveaux » (pas si nouveaux mais de nouveau au goût du jour) modes de gouvernance et de gestion, en faisant apparaître le rôle des « facilitateurs » sur un territoire me conforte dans la nécessité de ce rôle politique et local, concret, qui avait également émergé lors des discussions avec quelques porteurs d’initiatives aux alentours de Grenoble (L’écopain du Trièves d’Yves et Cécile, Freddie à la Gélinotte, un berger à Chamechaude…). Le constat est que chaque initiative a un peu le nez dans le guidon, et qu’il est parfois difficile pour les porteurs ou les collectifs de connecter avec les initiatives aux alentours, malgré le fait qu’en général, ils partagent une vision collective semblable sur quelques aspects : Jusqu’ici j’ai surtout rencontré des initiatives qui visent le bien commun, un respect et une préservation de la nature, la volonté de travailler avec des produits locaux, en minimisant leur impact, dans un souci d’autonomie collective et/ou individuelle… Néanmoins les formats varient (Entreprise, SCIC, association, personnes individuelles…), et les besoins en ressources, gouvernance, communication ne sont pas les mêmes.

Je vois pourtant un vrai « terreau » d’initiatives qui essaiment, et ce de plus en plus, avec en ça la possibilité, les moyens de construire et défendre une vision commune, à une échelle pertinente pour construire des biens communs, des services « publics », de coopérer pour organiser au mieux des besoins qu’un lieu seul ne peut fournir. Comme le transport des enfants à l’école, la santé, la production de matière première de construction, l’énergie…

« Oui oui » me direz vous, « sauf que ça, je sais pas si t’es au courant, mais en France ça existe déjà, alors on va pas réinventer l’eau chaude non plus! »

Et vous auriez pas tord! Sauf que… Face au dévoiement presque plus caché des politiciens, à la doctrine de privatisation des services publics, et à la non prise en urgence du changement climatique, des citoyens tentent de suppléer à ces carences, de Poste, de santé, de transport, d’éducation. Donc à l’échelle de collectifs, certains trouvent de nouvelles façons de prendre des décisions, de vivre ensemble, d’envisager le futur sous l’ombres des promesses pas jojo que nous réservent les conséquences du changement climatique et des défis à relever. Et pour monter cette mayonnaise, le besoin de « facilitateurs », c’est à dire de personnes sur le terrains pour faire lien et tenter d’avancer ensemble semble criant.

La confrontation entre des gens dit « du Cru » (ah notre bonne vieille Carmen Cru!) et ce qu’on peut appeler de néoruraux (généralement des anciens urbains de retour à la campagne, sur une ou deux générations) est également présente ici. En effet, les coups de fusils de chasse pétardent juste à côté du terrain, l’agriculteur conventionnel du coin vit à 500m, à côté de cet écolieu dont la charte indique un lieu végétarien, non fumeur et sans alcool, dans le respect de la Nature. De fait deux mondes se confrontent, avec des pratiques et des visions très différentes (de la terre, de la culture, de la religion, de la fête…) alimentées par une vision de la vie elle-même radicalement alimentée par différents idéaux et pensées.

Alors toujours la même question, partout: Comment allons-nous avancer ensemble, dans nos différences? Quels liens créer avec les « Autres » pour faire face ensemble, et comment le faire?

Un des prochains rôle clé du futur?

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