Woofing à la ferme de Trévéro

Woofing à la Ferme de Trévero, discussion autour du modèle économique de la Ferme et de ses activités, et introduction sur Terres de Liens, qui met à l’abri des terres agricoles !

Salut, ça woof ?

Le poulailler mobile !

Avec Ker-Josselin, nous avons passé le week-end à la ferme de Trévéro en mode woofing. Cette ancienne ferme laitière située dans le Morbihan a été reprise par Régis & Benjamin depuis un peu plus d’un an grâce à la structure Terre de Liens avec un mot d’ordre :

« Une ferme pour en vivre, y vivre, et la faire vivre. »

Régis & Benjamin

Nous dormons au sec dans une maison destinée à accueillir tous les gens de passage, que ce soit les stagiaires, woofers, amis… ce qui permet à la ferme d’être vivante et ouverte. Cette ferme s’étend sur 80 hectares assez regroupés ainsi que des bâtiments agricoles et une maison d’habitation. Sur leurs terres, ils cultiveront des grandes cultures destinées à l’alimentation humaine telles que du blé, lentilles, orge brassicole, pois chiche ou encore du colza pours l’huile. Tous ces végétaux produisent des sous-produits comme le son qui seront valorisés pour alimenter leur production animale : les poules pondeuses et les porcs en plein air. Concernant les poules, ils développent un tout nouveau concept inédit en France venant d’Allemagne, le poulailler mobile. C’est un bâtiment dimensionné pour accueillir 250 poules qui se déplacent tous les 3 jours afin de laisser aux patures (chiquorées et trèfles) le temps de repousser. Actuellement, 2 bâtiments sont en service, avec comme objectif 4 bâtiments dans quelques années. Régis & Benjamin ont une réelle volonté d’être les maillons d’une chaîne alimentaire très courte dont les maîtres mots seraient qualité, respect des animaux, des consommateurs et de la nature. Et pour aller au bout de leur logique, ils se sont associés avec trois autres exploitations locales pour ouvrir une épicerie paysanne à Malestroit, village situé à proximité.

Jean-Claude, qui discute de la qualité du bois : « Ça c’est du bois bon à faire couper à des Woofers. »
Merci Jean-Claude !

Terre de Liens

On l’oublie trop souvent, mais s’installer en agriculture ou développer une activité rurale, cela passe d’abord par un lieu prêt à accueillir le projet. Aujourd’hui, la spéculation foncière rend les prix de la terre inaccessibles et la ressource elle-même se fait de plus en plus rare. Dans ces conditions, trouver une terre pour lancer son projet peut relever d’un parcours du combattant.

L’accès à la terre s’avère plus difficile encore pour ceux qui ont choisi le métier d’agriculteur sans être issus d’une famille d’exploitants, parce qu’ils ne bénéficient pas de l’appui d’un réseau professionnel ou familial, et parce que les financeurs potentiels n’accordent pas leur confiance de prime abord. Enfin, choisir de se lancer dans un projet à forte dimension écologique (agriculture biologique ou biodynamie) conduit encore, à notre époque, à un parcours semé d’embûches.

Pour toutes ces raisons, Terre de Liens intervient sur l’accès au foncier rural et facilite ainsi l’éclosion de projets qui redonnent vie aux territoires ruraux et participent fortement à recréer du lien social.

Par exemple, c’est Terre de Liens qui est propriétaire de la ferme de Trévéro, Régis & Benjamin paient un loyer mensuel pour le terrain, la maison ainsi que les bâtiments agricoles. Ceci leur permet de pouvoir investir plus d’argent dans le matériel afin de lancer leur activité. Terre de Liens, c’est environ 200 fermes en France ce qui représente une goutte d’eau dans le paysage agricole français qui est toujours pro-industriel.

Cependant, je trouve cette initiative intéressante notamment dans la notion de propriété. Cette ferme achetée ne sera pas revendue avec la spéculation foncière qui va avec. C’est d’ailleurs ce que nous a répété Benjamin, ils ne veulent pas être propriétaires, c’est contraire à la définition qu’ils se font de l’agriculture. Toutes les terres acquises conserveront toujours leur vocation agricole car Terre de Liens s’engage à ne jamais les revendre. Ainsi sorties de la spéculation financière, elles ne viennent plus alimenter la hausse des prix et leur avenir ainsi que celui des paysans est assuré.

Comment Terre de Liens est financée ?

Lorsque l’achat de la ferme est validée, une collecte de fonds dédiés est réalisée auprès du public. Les citoyens peuvent, selon les situations, soit souscrire à des actions d’une valeur unitaire de 103,5€, qui sont assimilées à de l’épargne solidaire, soit faire un don, soit les deux.

Vous pouvez en savoir plus, les soutenir sur leur site : https://terredeliens.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

fr_FRFR
en_GBEN fr_FRFR